J’ai beaucoup hésité avant de rédiger cet article, parce qu’on se sent toujours un peu honteux d’admettre ses faiblesses, encore plus quand elles sont irrationnelles. Mais ceux qui souffrent de la même phobie pourraient le trouver utile. Il y a dix ans, je voyageais en avion sans la moindre gêne. Mais je ne sais pas trop pourquoi, je me suis mis à avoir peur lorsque j’étais censé prendre l’avion. A tel point que c’en est devenu une vraie souffrance. L’année dernière, j’ai donc décidé de m’inscrire à un stage pour combattre ma peur de prendre l’avion. Mon stage s’est passé à Paris un dimanche. Nous étions cinq stagiaires réunis pour l’occasion. Certains étaient plus atteints que d’autres : une stagiaire n’était plus montée dans un avion depuis 6 ans ! Les organisateurs ont commencé par nous rassurer, en nous apprenant que nous étions loin d’être les seuls à avoir cette gêne : à tout moment, il y a 500 000 personnes dans les airs, et 150 000 qui ont peur ! Nous avons donc commencé par aborder la partie psychologique du stage, en apprenant à gérer nos pensées négatives. Le but de cet échange était de prendre conscience des biais de raisonnement qui entretiennent nos peurs… Ca faisait beaucoup de bien de pouvoir enfin en discuter avec des personnes qui comprenaient ce que je pouvais vivre lorsque je devais réserver un billet. Puis la psychologue nous a montré comment nous détendre par le biais de la respiration abdominale, assistée par un logiciel de cohérence cardiaque. Après un copieux déjeuner, nous avons attaqué la seconde partie de ce stage : parfaire nos connaissances sur le fonctionnement d’un avion. L’idée est toute simple : c’est le fait de ne pas comprendre qui provoque en partie la peur. Un authentique pilote de ligne nous a donc parlé de sécurité en aéronautique, puis nous avons pu le bombarder de questions (par exemple : un avion peut-il se désarticuler à cause des turbulences ? Utiliser son téléphone en plein vol est-il dangereux ?). A la fin de ces deux heures de discussions, j’étais devenu incollable sur le sujet. Puis nous sommesenfin passés à la troisième partie, la plus plaisante car avec mise en situation : nous avons piloté un 737 ! La simulation de vol s’est faite à bord d’un authentique cockpit de 737, et il était posé sur vérins pour imiter toutes les sensations de vol.. Un autre pilote de ligne nous a fait prendre les commandes et nous a appris à manipuler les pédales, le pilote automatique et les aérofreins. La journée s’est terminée par un débriefing où chaque participant a partagé son ressenti. Depuis, j’ai repris l’avion beaucoup plus calmement qu’auparavant. Je n’irai pas jusqu’à dire que je ne ressens pas une certaine anxiété au moment de l’embarquement, mais je sais désormais comment la dominer.